Le surcyclage textile : offrir une nouvelle histoire aux belles étoffes
Et si certaines matières méritaient simplement une seconde histoire ?
Dans mon atelier, le choix d’un tissu est rarement anodin. Je suis sensible à son toucher, à sa qualité, à ses couleurs, mais aussi à ce qu’il dégage et à l’histoire qu’il semble déjà porter.
À côté des matières neuves que je sélectionne pour certaines collections Husly, j’aime particulièrement partir à la recherche de tissus anciens et chinés. Des étoffes oubliées, parfois devenues introuvables, que je transforme en petites séries de créations.
C’est ma façon d’aborder le surcyclage textile.
Qu’est-ce que le surcyclage ?
Le surcyclage, aussi appelé upcycling, consiste à utiliser une matière ou un objet existant pour lui donner un nouvel usage, sans avoir nécessairement à le transformer en matière première.
Dans le textile, il peut s’agir de fins de rouleaux, de tissus dormants, de coupons inutilisés ou encore de textiles anciens qui possèdent suffisamment de qualité pour commencer une nouvelle vie.
Contrairement au recyclage, où la matière est généralement transformée, le surcyclage permet de conserver le tissu tel qu’il est et de valoriser ce qui existe déjà.
Chez Husly, cette démarche prend une dimension un peu particulière : elle commence souvent par la chine.
Chiner des tissus qui ont déjà une histoire
J’aime chercher des tissus anciens et découvrir des étoffes que l’on ne trouve plus aujourd’hui.
Certains proviennent notamment d’anciens rideaux confectionnés dans detrès beaux tissus d’ameublement, parfois issus de maisons d’édition de tissus de décoration intérieure.
Ces étoffes ont souvent été conçues pour durer. Leur qualité, leur épaisseur, leur tombé et la richesse de leurs motifs les rendent particulièrement intéressantes à travailler.
Mais ce qui me séduit peut-être encore davantage, c’est leur esthétique.
Des fleurs généreuses, des motifs graphiques, des couleurs légèrement patinées, des associations que l’on rencontre moins dans les collections contemporaines…
J’ai une affection particulière pour ce charme vintage, capable de donner immédiatement du caractère à une création.
Et lorsque je découvre un tissu qui n’est plus édité depuis longtemps, j’aime aussi l’idée que les quelques créations qui en naîtront ne pourront probablement jamais être reproduites exactement de la même manière.
Transformer plutôt que laisser dormir
Un ancien rideau peut ne plus trouver sa place dans un intérieur et pourtant être confectionné dans une étoffe magnifique.
C’est là que le surcyclage prend tout son sens pour moi.
Je regarde le tissu autrement.
Sa matière est-elle encore belle ?
Son état permet-il de créer une pièce de qualité ?
Son motif pourrait-il devenir un zafu, une bouillotte, un coussin ou un accessoire pour la maison ?
Lorsqu’une étoffe répond à ces critères, je la sélectionne, la prépare puis transformée dans mon atelier.
Il ne s’agit pas de récupérer pour récupérer, mais de reconnaître la valeur d’une belle matière et de lui imaginer une nouvelle destination.
Le charme des séries limitées
Le surcyclage impose naturellement une autre façon de produire.
Je travaille avec la quantité de tissu que j’ai trouvée. Parfois plusieurs mètres, parfois seulement un petit coupon.
Je ne peux donc pas décider de reproduire indéfiniment un modèle qui plaît.
Un tissu chiné pourra donner naissance à quelques bouillottes, plusieurs accessoires ou seulement deux ou trois pièces. Puis, lorsque l’étoffe est épuisée, la collection s’arrête.
Et c’est justement ce qui fait son charme.
Ces créations ne sont pas pensées pour être reproduites à grande échelle. Elles existent au rythme des tissus que je rencontre et des coups de cœur que j’ai.
Chaque produit est alors quasi unique.
Surcyclé ne veut pas dire compromis
Utiliser une matière existante ne signifie pas faire de compromis sur la qualité ou l’esthétique.
Bien au contraire.
Je sélectionne les tissus surcyclés comme je sélectionnerais un tissu neuf : ils doivent me séduire, correspondre à l’univers Husly et être adaptés à la création à laquelle je les destine.
Tous les textiles chinés ne peuvent donc pas devenir une création Husly.
Je recherche avant tout de belles matières, suffisamment qualitatives pour continuer à vivre encore longtemps.
C’est particulièrement vrai pour les anciens tissus d’ameublement. Certains possèdent une qualité de fabrication remarquable et méritent, à mes yeux, bien mieux que de rester oubliés dans une armoire.
Le beau, l’utile et l’existant
Cette façon de travailler rejoint une idée qui m’est chère :
« N’ayez rien dans votre maison que vous ne sachiez être utile ou que vous ne croyiez être beau. »
— William Morris
Je retrouve beaucoup de la philosophie Husly dans ces quelques mots du célèbre designer textile.
Créer des objets utiles, mais suffisamment beaux pour que l’on ait envie de les garder près de soi et de les laisser visible dans la maison.
Et lorsqu’une belle matière existe déjà, pourquoi ne pas commencer par elle ?
Une démarche complémentaire
Toutes les créations Husly ne sont pas confectionnées à partir de textiles surcyclés. Certaines nécessitent des matières neuves sélectionnées spécifiquement pour leur composition, leurs dimensions ou leurs propriétés.
Je ne cherche donc pas à opposer systématiquement le neuf et l’ancien.
Le surcyclage est plutôt pour moi une autre manière de créer, qui trouve naturellement sa place à côté de mes collections en matières naturelles.
Une démarche plus spontanée aussi : je ne sais jamais exactement quel tissu je vais rencontrer ni ce qu’il m’inspirera.
Les créations surcyclées Husly
Les collections surcyclées évoluent donc au fil de mes trouvailles.
Un ancien tissu fleuri peut devenir une bouillotte. Une étoffe d’ameublement au motif singulier peut donner naissance à un coussin. Un petit coupon particulièrement précieux pourra être réservé à quelques accessoires.
Puis vient un nouveau tissu, une nouvelle couleur, une nouvelle histoire.
C’est ce que j’aime dans cette démarche : faire avec l’existant sans renoncer au beau.
Prendre le temps de regarder autrement des matières qui ont déjà vécu.
Préserver ce qui mérite de l’être et transformer une étoffe chinée, parfois oubliée depuis des années, en un objet désirable et utile qui saura trouver sa place dans une maison contemporaine.